La vie a quelque fois des circonstances détestables dont certaines personnes sont obligées de vivre pour des raisons économiques et sociales. Et ce, malgré les multiples efforts  fournis par l’Etat  et certains riverains dans le cadre du renforcement  du bien-être et de la sécurité sociale.

De nos jours, bon nombre de personnes vivant au port de Boulbinet, dans la commune de Kaloum, manifestent encore une vie de calvaire et de perpétuels risques.  Après  une petite analyse autour de cette situation, quelques détails qui vont suivre  pourraient attirer l’attention des uns et des autres  afin de pallier certains problèmes sociaux.

NRguinée.net: Madame Natènen Camara, vous êtes habitante au port de Boulbinet, parlez-nous un peu de votre actuelle vie portuaire.

Natènen: «  je vous remercie tout d’abord de m’avoir demandée! Je suis ici il y a environ quatre ans.  Je me débrouille dans la vente de poissons et c’est dans ça que je me nourris et m’occupe  de ma santé.

La vie de la capitale guinéenne est si difficile que je n’ai pas de moyens pour changer de position; sinon, je pourrais prendre une maison en location, qu’il soit dans la banlieue ou en ville ici. Mais si je le fais, il y’aura assez de problèmes autour de moi parce que tout simplement mon débrouillage ne pourrait pas me permettre de satisfaire le concessionnaire et, aussi, je n’ai pas quelqu’un qui pourrait m’aider. Donc c’est pour vous dire que j’ai peur des risques de qualifications qui pourraient certainement atteindre à ma dignité. C’est pourquoi je suis là pour le moment.

Je vends du poisson, j’en mange aussi et le peu que je gagne comme intérêt dans la vente, c’est le prix du condiment, ma nourriture en générale ; aussi, quelques fripes pour m’habiller.

Je vie très mal ici parce que je suis exposée à toute forme de saleté mais franchement je n’ai pas de choix. Sous cette maison inachevée que vous voyez, c’est là-bas je dors sur ma natte. J’avais vraiment peur de rester ici au départ, mais n’ayant pas eu où aller, j’ai été contrainte de m’habituer à ce genre de mode de vie, et pour le moment, ça ne me dit  plus rien. En cas de problème, on va beaucoup crier, et les militaires qui sont à côté pourront certainement nous sauver. C’est ça un peu ma vie d’ici et, idem que beaucoup d’autres personnes vivant ici. Sillonnez un peu, vous y verrez pleines de réalités qui vont certainement vous étonner.»

Quant à Madame Binta Barry, étudiante diplômée et commerçante de différents articles, nous en dit plus.

« Comme vous le voyez déjà, je suis pour le moment vendeuse de bidons d’huile blanche et rouge, aussi les sacs de riz et tant d’autres choses…

J’ai terminé les études depuis 2010. Mais n’ayant pas eu de travail et aussi ayant peur du chômage,  j’ai décidé de faire le commerce pour gagner mon petit pain quotidien. Je suis avec mon mari et tout se passe bien pour le moment.

Ma famille est là, capable de tout; idem que celle de mon mari. Mais lui et moi avons décidé de ne pas compter sur l’avoir des parents.

Mon sort pour mes études, je ne peux que me remettre entièrement à Dieu parce que la Guinée a multiples couleurs. Donc, chacun a son destin réservé dans son avenir. Peut-être un jour viendra, par la grâce de Allah, notre vie ne sera pas ici mais ça sera plutôt ailleurs.

Mon mari n’a pas étudié mais gentil et courageux, il me laisse faire mes démarches en toute liberté: le dépôt de mes dossiers par exemple dans des entreprises privées et publiques, aussi dans d’autres démarches pouvant nous permettre de s’autogérer.

Ma vie portuaire me va pour le moment parce que c’est ce que la nature m’impose.  Dieu merci parce que je suis bien nourrie, mon mari s’occupe bien de moi, et nos enfants non pas de problème pour l’instant.

Je remercie le Professeur Alpha Condé dans sa mission car il n’a ménagé aucun effort pour le changement de la Guinée et celui de la mentalité des guinéens.

Donc sans plus tarder, nous préférons rester ici avec notre état et aussi, avec nos différentes marchandises jusqu’à ce que la chance nous sourit un jour dans un autre domaine».

Les différentes réalités sont vivantes sur le terrain. Il suffit d’y jeter coup d’œil pour savoir combien de fois le monde souffre.

L’accès à ce port est permis à n’importe qui, donc l’insécurité bat son plain. Le monde se lamente et souffre et cela, étant exposé à toutes les intempéries de la nature : vol, viol, surtout saleté dans des lieux nauséabonds qui entraînent d’énormes maladies comme le paludisme causé par les moustiques; la diarrhée également; les gens dorent bizarrement dans les hangars, sur les tables et bancs, et même par terre, dehors etc.

Aussi, les enfants innocents exposés à de nombreux problèmes dans ces genres de situation, n’auront pratiquement pas d’éducations propres. Et si l’enfant rate la bonne éducation à bas âge, c’est ce qui entraîne évidemment le banditisme, la délinquance juvénile, la violence etc. Et tout cela, contre l’humanité. Quelle vie pitoyable!

Ce genre de vie étant une source de véritables problèmes, mériterait une préoccupation essentielle de l’Etat et de toutes les autorités nationales et les personnes de bonne volonté dans le cadre d’un soutien solide moral et matériel afin d’atténuer tant de risques.

                      Am Touré