Trouver un logement à Conakry est pire que traverser la mer à la nage. Dans ce domaine, outre l’absence de législation, les propriétaires de logements imposent leurs lois avec tous les abus possibles. Heureusement que le gouvernement entend donner de la voix sur la question. Certainement, un début de normalisation entre logeurs et locateurs.
A Conakry, il y a deux niveaux par lesquels passer pour se trouver un logement. Soit à travers une Agence immobilière, ou à travers les intermédiaires communément appelées : démarcheurs.
Aussi, les prix mensuels des logements varient selon les lieux et la qualité de la maison et tiennent compte des constructions anciennes ou modernes ou encore la situation géographique de l’habitat par rapport au centre administratif du pays ainsi que le grand marché de Madina.
Un appartement d’une chambre, salon et toilette se négocie entre cinq cent et huit cent mille franc guinéen en haute banlieue pour lequel il faut absolument débourser une avance qui varie d’un an à dix-huit mois. Certains mêmes vont plus loin que ça en demandant deux ou trois ans d’avance
Pendant que les Agences immobilières reçoivent ses clients nantis dans leurs bureaux climatisés, les démarcheurs eux, reçoivent les leurs dans les carrefours et autres lieux très faciles d’accès.
Mamadi Camara la cinquantaine résident à Kénien Commune de Matam, est un démarcheur marié et père de quatre enfants explique : d’une part nous aidons les nécessiteux à avoir des logements, de l’autre, nous aidons les propriétaires de maisons à avoir des locataires. Chacun d’eux nous donne le prix d’un mois de location. C’est pourquoi d’ailleurs on nous accuse d’avoir encouragé la hausse de prix de locations par endroits.
Les propriétaires de maisons ont des conditions différentes. Les uns n’aiment pas une famille nombreuse et l’alcool, tandis que les autres n’acceptent pas de loger les célibataires, qu’ils soient hommes ou femmes. Il y a une réelle complicité entre les propriétaires et nous les démarcheurs parce qu’à chaque fois qu’il y a un déménagement chez eux, ils nous informent les premiers.
Assis dans un coin de rue à l’attente de son ‘’démarcheur’’ à Hamdalaye, Ousmane Bah la quarantaine, marié et père de trois enfants réside à Soloprimo, Commune de Ratoma. Commerçant de son état, il explique son calvaire. Selon lui, il vient d’avoir un préavis de trois mois pour qu’il libère les lieux mais jusqu’ici, peine à trouver une maison. Les démarcheurs ne sont pas du tout sérieux. A chaque fois ils me font payer de l’argent au titre des frais de déplacement sans succès. Je n’ai pas assez de moyen. Je ne veux pas m’éloigner de l’école de mes enfants mais le propriétaire me demande un million par mensualité et il me soumet au paiement d’un an d’avance pour un appartement comprenant une chambre, un salon, une toilette et une terrasse à Soloprimo.
Je demande le président de la République le professeur Alpha Condé d’encourager le ministre de la ville et l’aménagement du territoire à accélérer les travaux des constructions des logements sociaux  pour soulager les Guinéens.
James Missenou